Une lutte à cinq se dessine pour le maintien en Top 14
À dix journées de la fin de la phase régulière du Top 14, six points seulement séparent Perpignan (10e, 30 points) de Vannes (14e, 24 points), Pau (11e, 30 points), le Stade Français (12e, 28 points) et le Racing 92 (13e, 27 points) se trouvant intercalés.
Cinq clubs vont donc sans doute se livrer une lutte acharnée jusqu’au soir de la dernière journée pour éviter non seulement la descente directe en Pro D2, mais aussi la place de barragiste toujours hautement anxiogène.
Jamais, depuis dix ans, la bataille pour le maintien en Top 14 n’avait été aussi serrée à ce stade de la saison, à l’exception de la saison Covid. Mais le championnat 2019-2020 s’était arrêté net à la 17e journée et il n’y avait pas eu de relégation.
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L’USAP (10e, 30 points), une certaine expérience en la matière
Premiers de cette cordée en péril, les Catalans ont laissé échapper deux points contre Castres samedi qui leur auraient fait le plus grand bien. Surtout, cela fait désormais trois matchs sans victoire à domicile (deux défaites contre Montpellier et Toulon auparavant).
Et comme l’USAP est en grande souffrance en déplacement (seulement deux points de bonus ramenés), la fin de saison s’annonce périlleuse avec six voyages dont deux chez de concurrents directs (Pau, 17e journée, et Vannes, 20e journée).
Elle a aussi la ‘chance’ de recevoir les deux clubs franciliens (Racing 21e journée, Stade Français, 23e journée).
Point positif, Perpignan connait le chemin qui mène au maintien. Depuis son retour en Top 14 en 2021, le club roussillonnais a toujours navigué en eaux troubles à ce moment de la saison (12e en 2021-2022, 14e en 2022-2023, 12e l’an dernier) et s’en est toujours sorti. De plus, il récupérera au printemps certains de ses blessés longue durée, Posolo Tuilagi en tête.
La Section Paloise (11e, 30 points), apprendre à moins gâcher
Une place dans le top 6. C’était l’objectif affiché par Pau au lancement de la saison. Fort d’un championnat 2023-2024 réussi (9e, mais à deux points seulement de la 6e place), le club béarnais avait étalé ses ambitions nouvelles.
Mais elles ont rapidement volé en éclats après de grosses déconvenues en déplacement durant l’automne et une série de quatre défaites en octobre et novembre.
Solides au Hameau depuis, les Palois seraient mieux lotis s’ils avaient un peu moins gâché à l’extérieur. Perpignan, Castres, et surtout le Stade Français samedi : trois rencontres perdues de peu à cause des largesses des joueurs de Sébastien Piqueronies.
Les deux prochaines semaines pourraient bien être décisives pour la Section. Elle reçoit Perpignan samedi prochain puis se déplace au Racing le 1er mars (18e journée). Deux confrontations face à des adversaires directs qui vaudront très cher.
Stade Français (12e, 28 points), un calendrier béton
Le club parisien compte 22 points de moins que l’an dernier au même stade du championnat. La solidité défensive des Soldats roses leur permettait alors de partager le trône de leader avec le Stade Toulousain.
Cette saison, c’est justement la fragilité défensive qui coûte cher au Stade Français, deuxième équipe la plus perméable (458 points encaissés). Le départ de Karim Ghezal en octobre n’a rien changé puisque les troupes de Laurent Labit ont concédé 38,5 points en moyenne au cours des quatre dernières journées.
De plus, le calendrier ne leur est pas favorable. Hormis l’UBB, ils vont affronter toutes les équipes qui se battent encore pour les places qualificatives. Le Stade Français ne rencontrera que deux de ses quatre rivaux désignés, qui plus est à l’extérieur : le Racing à la Défense Arena (22e journée) et en suivant l’USAP à Aimé-Giral (23e journée).
Pas facile, mais la victoire arrachée contre Pau a montré que les Parisiens avaient du caractère et qu’ils n’allaient pas couler sans combattre.
Le Racing 92 (13e, 27 points) sans fil conducteur
La dynamique est clairement contre les ‘ciel et blanc’, sur une série de sept matchs sans victoire (six défaites, un nul) qui les a précipités à la place de barragiste. C’est simple, personne ne fait pire. Difficile d’y voir clair dans la saison des Franciliens ou de trouver un match référence depuis le mois de septembre.
Pire équipe en matière de carton jaune (22 reçus), avant-dernière sur les pénalités concédées (191), le Racing ne trouve pas la bonne carburation. Le mal est profond car la cassure remonte à la mi-saison 2023-2024. À la 13e journée, le club de Jacky Lorenzetti était 1er mais avait perdu huit des 13 derniers matchs pour terminer 6e et sauver sa place qualificative à la différence de points (+76 contre +1 pour Castres).
L’arrivée d’Owen Farrell et son association à la charnière avec Nolan Le Garrec avaient suscité de gros espoirs. Vite douchés avec la méforme et les blessures de l’Anglais. Le manager anglais Stuart Lancaster, mentor de Farrell mais sans solutions, a été débarqué. Patrice Collazo lui a succédé mais ce dernier n’a pas pu empêcher une nouvelle défaite qui fait tache, contre Vannes à domicile samedi.
Le Racing peut se raccrocher aux réceptions de Pau (18e journée) et du Stade Français (22e journée) pour y croire, alors qu’il se déplacera également à Perpignan (21e journée). Trois ‘chocs’ rapprochés qui pourraient bien sceller l’avenir du club, d’un côté ou de l’autre.
Patrice Collazo se retrouve une nouvelle fois en mission sauvetage après la défaite du Racing 92 contre Vannes (25-30) 🛟
Lors de son arrivée à Montpellier en novembre 2023, le manager varois avait déjà connu une première compliquée avec une défaite contre Oyonnax (21-26) 😬… pic.twitter.com/l20JWlbZPK
— RugbyPass FR 🇫🇷 (@RugbyPass_FR) February 15, 2025
Vannes (14e, 24 points), toujours dans le coup
La relégation était promise aux Bretons avant même le premier coup de sifflet du Top 14. Lanterne rouge sans discontinuer depuis la 4e journée, on a cru que le sort du promu était scellé quand il a compté sept points de retard sur le 13e (13e et 14e journées) alors qu’il avait jusqu’alors réussi à maintenir un gap de quatre points maxi.
Mais les Vannetais sont une lanterne rouge en trompe-l’œil. Jamais depuis dix ans, le dernier du championnat au soir de la 16e journée n’avait engrangé autant de points (hormis Pau lors de la saison Covid).
Surtout, ils viennent d’enchaîner pour la première fois de la saison deux succès de rang. Deux victoires qui ont complètement rebattu les cartes, d’autant qu’elles ont été obtenues face à deux concurrents directs (devant le Stade Français, au Racing).
Le signe, peut-être, qu’une bascule s’est opérée chez Jean-Noël Spitzer et ses hommes après avoir laissé échapper pas mal de points en route sur des erreurs que l’on qualifiera d’’apprentissage’. Trois unités les séparent désormais du 13e.
Pour réaliser l’exploit de sauver sa peau en Top 14, le RCV devra cependant faire de la Rabine une place forte. Plus mauvaise équipe à domicile, il n’y a gagné que trois fois cette saison alors qu’il est en milieu de tableau sur les matchs à l’extérieur (8e). Avec les venues de Perpignan (20e journée) et de Pau (25e journée) dans le golfe du Morbihan, c’est peut-être bien que là que se joue le destin des Bretons.
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