À Toulouse, Paul Graou a appris à briller dans l'ombre de Dupont
Souvent dans l’ombre du meilleur joueur du monde, Paul Graou profite des absences d’Antoine Dupont pour briller sous le maillot du Stade Toulousain, dont il dirigera le jeu contre Vannes samedi en Top 14.
Le 16 février dernier, le demi de mêlée du Stade Toulousain se porte à hauteur de son deuxième ligne Thibaud Flament dans le dos de la défense clermontoise, réceptionne le ballon, résiste à deux plaquages et s’en va aplatir dans l’en-but auvergnat pour sceller le succès de son équipe.
Avec le N.9 des ‘rouge et noir’ sur le dos, un Gersois vif et musculeux qui vient d’inscrire son cinquième essai de la saison ne s’appelle pas Antoine Dupont, mais Paul Graou.
La contre-attaque éclair des Toulousains qui prennent le large ⚡️
Quelle percée de Thibaud Flament pour servir Paul Graou @StadeToulousain 🔥#ASMST | #TOP14 pic.twitter.com/M0xLYMtYTC
— CANAL+ Rugby (@CanalplusRugby) February 16, 2025
À 27 ans et pour sa troisième saison au Stade Toulousain, il n’a jamais paru aussi fort, multipliant les sorties convaincantes lorsque la superstar des Bleus est ménagée ou mobilisée avec le XV de France.
Déjà 18 matchs, dont 12 titularisations pour Graou cette saison
« Il arrive cette saison à une forme de plénitude, où on sent que ses performances ont pris de l’épaisseur et qu’il a trouvé de la régularité », explique l’entraîneur des trois-quarts toulousains Clément Poitrenaud.
Le natif d’Auch a déjà disputé 18 rencontres depuis le début de la saison, dont 12 en tant que titulaire, profitant du début de saison tronqué d’Antoine Dupont après sa parenthèse olympique et de ses convocations à Marcoussis lors de la tournée d’automne et du Tournoi des Six Nations en cours.
« C’est un joueur qui a un excellent jeu au pied, il est doté de qualités athlétiques, il va très vite, il est très costaud », l’encense David Mélé, l’entraîneur des skills du club haut-garonnais. Et l’ancien demi de mêlée d’ajouter : « Il est capable de déclencher au ras comme il le fait très souvent et comme peut le faire aussi Antoine ».
« Mais je pense que même lui dans sa tête, il ne fera jamais du Antoine Dupont parce que personne n’est capable de le faire, il fera du Paul Graou parce qu’il a des qualités et parce qu’il a aussi beaucoup de choses à faire valoir », poursuit Mélé.
Ses qualités sont en effet similaires à celles de son aîné d’un an, passé comme lui par le FC Auch, et dont il est un des amis proches.
Souvent amené à entrer en jeu quand ‘Toto’ est là, le fils de Stéphane Graou, ancien pilier du XV de France (six sélections) connaît une belle progression : arrivé d’Agen et de Pro D2 en 2022, il voit son temps de jeu aller crescendo, ne laissant par exemple que des miettes à son concurrent à la mêlée, l’international japonais Naoto Saito.
Pour Poitrenaud, Graou « fait partie des joueurs importants »
Et en période de doublons, lorsque les projecteurs se braquent sur l’équipe de Fabien Galthié où les Toulousains sont légion, il fait désormais partie des cadres sur lesquels s’appuie le staff d’Ugo Mola.
Au côté des expérimentés Jack Willis et Juan Cruz Mallía, il se mue sur le terrain en leader, et prend souvent la parole pour accompagner une jeune garde dont le temps de jeu gonfle lorsque les internationaux ne sont pas là.
« Même hors période de doublon, il a son droit à la parole comme l’ensemble des joueurs qui sont concernés par la stratégie de l’équipe », affirme Poitrenaud, estimant qu’ « il fait partie des joueurs importants » du groupe champion de France et d’Europe.
Un rôle que le demi de mêlée, de nature plutôt discrète, endosse sans trop en faire.
« Sur le terrain, j’ai affaire à des joueurs plus jeunes à côté de moi. J’essaie de les rassurer quand c’est leur premier match », assure Paul Graou.
« J’essaie de donner les conseils que je peux donner aux jeunes, (…) mais je pense que c’est le rôle de tous les aînés qui sont sur la feuille », juge-t-il.
Il le fera encore samedi contre Vannes, prêt à conduire le Stade Toulousain vers une réussite totale sur la période de doublons malgré l’absence d’une quinzaine d’internationaux.